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LA MONNAIE DE MUNT

Les Huguenots

Argument

Marie Mergeay
Temps de lecture
5 min.

Les Huguenots raconte une histoire d’amour impossible entre une catholique et un protestant dans le contexte des guerres de religion qui ont embrasé la France au XVIe siècle, surtout au cours de la tristement célèbre nuit de la Saint-Barthélemy. Lisez ici le synopsis complet de cet opéra en cinq actes.

France, août 1572

PREMIER ACTE

Le comte de Nevers donne une fête exubérante pour ses amis, tous nobles catholiques. Un dernier invité se fait attendre, le huguenot Raoul de Nangis. Nevers demande à ses hôtes de lui réserver bon accueil, leur roi, Charles IX, ayant conclu une trêve avec les chefs protestants. Dans l’euphorie de l’orgie, les invités veulent connaître les aventures amoureuses de chacun. À son arrivée, Raoul doit commencer le jeu des confidences; il parle de la belle inconnue qu’il a récemment, à Amboise, sauvée des mains d’étudiants importuns.

Marcel, le vieux serviteur de Raoul, entonne un choral luthérien pour mettre en garde son maître contre la bande de débauchés qu’il fréquente. Marcel refuse l’invitation à boire mais accepte de chanter et entame par défi une chanson antipapiste.

Un valet indique qu’une femme demande un tête-à-tête avec le comte. Alors que les autres nobles essaient de deviner qui peut être la dernière conquête de Nevers, Raoul reconnaît en elle la belle inconnue d’Amboise. Cette dernière est venue rompre ses fiançailles avec Nevers, mais Raoul, choqué de sa présence en ces lieux, tire une conclusion erronée de cette visite à un libertin notoire...
Le page Urbain remet à Raoul une lettre anonyme : il est prié de se laisser guider les yeux bandés en un lieu inconnu. La lettre passe de mains en mains; chacun reconnaît les armes de Marguerite de Valois, sauf Raoul, qui ne comprend pas pourquoi on lui fait soudainement la cour en riant. Il se laisse emmener par des hommes masqués...

DEUXIÈME ACTE

Dans le parc du château de Chenonceau, Marguerite et ses suivantes passent un après-midi lascif sur les rives du fleuve. Les jeunes filles se préparent pour la baignade tandis que le page Urbain les observe en secret.

Marguerite arrange un mariage entre Raoul et sa suivante favorite, Valentine, qui vient pour ces raisons de rompre ses fiançailles avec Nevers. Marguerite doit séduire Raoul à la place de Valentine, celui-ci étant l’ennemi juré du père de Valentine, le comte de Saint-Bris. Marguerite renvoie tout le
monde pour se retrouver seule avec Raoul. Immédiatement sous l’emprise de sa beauté, il lui offre ses services. Elle-même n’est pas insensible aux charmes de ce huguenot... mais l’arrivée d’une noble assemblée, dont Nevers et Saint-Bris, lui rappelle les raisons de la présence de Raoul. En lui donnant la main de Valentine, elle veut rapprocher catholiques et protestants. Raoul, Saint-Bris et Nevers y consentent et prêtent solennellement un serment d’amitié. Mais en reconnaissant en Valentine sa belle (et selon lui infidèle) inconnue, Raoul la rejette avec indignation. Chacun se sent offensé par ce retournement incompréhensible, et Marguerite parvient de peu à éviter une effusion de sang en expédiant Saint-Bris et Nevers à la cour à Paris, où le roi les attend. Ils emmènent Valentine, décontenancée.

TROISIÈME ACTE

À proximité du Pré-aux-Clercs à Paris, les flâneurs sont nombreux dans les rues en ce dimanche soir. Des soldats protestants entonnent par bravade un chant huguenot. À quelque distance, des étudiants catholiques lanternent dans une taverne. Le mariage de Nevers et Valentine sera célébré le soir même. Saint-Bris et Nevers accompagnent Valentine dans le cortège nuptial qui les conduit à la chapelle. Marcel veut parler à Saint-Bris, mais refuse de se montrer respectueux de la pieuse procession. Les spectateurs sont stupéfaits par son insolence et par le chant huguenot que les soldats clament de plus en plus fort. L’arrivée d’un groupe de bohémiens chantant et dansant détourne l’attention.

Entre-temps, le mariage a été célébré dans la chapelle. Valentine veut y rester seule en prières jusqu’au crépuscule ; Nevers lui dit qu’il viendra l’y chercher dans la soirée. Bien que l’affront inexpliqué de Raoul soit désormais compensé par le mariage de sa fille avec Nevers, Saint-Bris compte tuer Raoul à la première occasion. Lorsque Marcel annonce que Raoul provoque Saint-Bris en duel, Saint-Bris et son ami Maurevert y voient la possibilité de prendre Raoul au piège. Mais Nevers ne doit rien savoir du complot.

Valentine les entend incidemment tramer leur plan. Dehors, le couvre-feu a sonné : le peuple rentre chez lui, les soldats huguenots poursuivent leur beuverie à la taverne, et Marcel attend son maître pour le duel. Sans révéler son identité, Valentine, toujours amoureuse, dévoile à Marcel le guet-apens préparé contre Raoul. Celui-ci arrive avec Saint-Bris et les témoins, les préparatifs du duel s’engagent. Marcel est attaqué sous un faux prétexte. Pris de court, Raoul et Marcel appellent les soldats huguenots à l’aide, tandis que Saint-Bris alerte les étudiants. Marguerite arrive avec sa suite et interrompt le combat ; les deux parties s’accusent. La femme qui a informé Marcel du complot est démasquée : c’est Valentine, au grand dam de son père qui se sent trahi. Marguerite dissipe auprès de Raoul le malentendu à propos de Valentine et Nevers – pourtant entre-temps bel et bien mariés... Le cortège nuptial de l’époux approche au loin: Nevers vient chercher sa femme pour le banquet. Des groupes de catholiques et de protestants continuent à se défier et à se menacer, malgré les tentatives de Marguerite de calmer les esprits.

QUATRIÈME ACTE

Dans sa chambre chez Nevers, Valentine lutte contre les sentiments qu’elle éprouve encore pour Raoul. Ce dernier surgit soudain, faisant fi du danger d’être découvert et tué. Valentine le cache à l’arrivée de Saint-Bris, de Nevers et des autres nobles catholiques. Saint-Bris s’entretient avec eux du plan visant à éliminer cette même nuit les huguenots de Paris. Les conspirateurs prêtent serment, à l’exception de Nevers, qui refuse de participer au massacre. Il est congédié tandis que les autres catholiques discutent des détails : l’amiral Gaspard de Coligny doit mourir le premier, puis le tocsin indiquera que l’on peut poursuivre l’assaut. Avant que les catholiques sortent dans la nuit, les armes sont bénies.

De sa cachette, Raoul a tout entendu. Il veut avertir les protestants, mais Valentine craint pour sa vie. Comme elle tente de le garder auprès d’elle, elle finit par lui avouer son amour. Du dehors retentissent les premiers signaux du bain de sang. Raoul force Valentine à regarder les atrocités qui se déroulent et s’enfuit dans la nuit.

CINQUIÈME ACTE

À l’Hôtel de Nesle, un grand bal est donné, en présence de Marguerite de Valois, de son époux Henri de Navarre et de toute la noblesse protestante. Raoul entre en trombe et exhorte les protestants à combattre les assassins.

Plus tard dans la nuit, Raoul et Marcel se retrouvent. Aux côtés de femmes et d’enfants en prière, ils cherchent refuge dans une église. Valentine arrive: Nevers est mort, elle est donc libre d’épouser Raoul s’il se convertit. Sous la pression de Marcel, il refuse ce salut. Valentine décide alors d’embrasser la foi protestante et de suivre Raoul dans la mort. Marcel bénit leur union. Dans l’église, le chant s’interrompt soudain : les assassins sont entrés et tuent tous ceux qui refusent d’abjurer. Valentine, Raoul et Marcel sont encerclés par des soldats catholiques. Ils affrontent leurs bourreaux dans l’extase de leur foi, mais peu après, Raoul est gravement blessé. Alors qu’ils essaient de fuir, ils croisent une troupe de soldats menée par Saint-Bris, qui s’enquiert de leur identité : « huguenots ! » Les soldats ouvrent aussitôt le feu, et Valentine s’effondre. Saint-Bris reconnaît trop tard sa fille. En quittant le bal, Marguerite essaie de retenir les soldats, mais en vain. Le bain de sang se poursuit jusqu’au matin.

Traduction : Émilie Syssau

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