« Cessez de nous ôter le pain de la bouche, impliquez-nous et laissez-nous travailler en toute sécurité. Si un secteur en est capable, c’est bien le nôtre. »
L’impossibilité de gagner sa croûte ; deux poids, deux mesures ; une mauvaise connaissance des possibilités qu’offre le secteur et une volonté insuffisante de le consulter. Les décisions drastiques et parfois injustifiées de ces derniers mois et de ces dernières semaines ont amené des acteurs clés du large secteur de la culture (qu’ils soient commerciaux ou subventionnés) à se réunir au sein d’une cellule de crise. Leur objectif principal : guider le secteur à travers la crise et reprendre le travail de manière « corona-compatible » là où c’est possible. Cette cellule, qui est en train de se constituer, souhaite être particulièrement réactive pendant la crise du coronavirus qui menace la vie de tout un secteur, et insiste pour être davantage impliquée dans la gestion de la crise par les autorités de notre pays.
Des décisions prises à la légère mais lourdes de conséquences
Au cours des derniers mois et des dernières semaines, les responsables politiques ont semblé insuffisamment informés des nombreux efforts déployés par le secteur afin d’organiser des représentations et spectacles « corona-compatibles ». Les décisions irréfléchies qui en ont découlé ont frappé durement nombre d’organisations, d’artistes, d’indépendants et de techniciens, qui ont ainsi vu leur gagne-pain s’évaporer. À chaque décision, les nombreux amateurs de culture ont eux aussi été complètement négligés.
Une très grande expérience dans la gestion des flux de visiteurs
Le large secteur culturel est pourtant celui qui possède le plus d’expérience dans la gestion des flux de visiteurs. Ce savoir nous a aidés à mettre au point un Guide pour le secteur des arts professionnels (Sectorgids Professionele Kunsten) cohérent, qui garantit la sécurité des artistes, des collaborateurs et du public. Plus de 80 acteurs culturels ont participé à l’élaboration de ce document dans une démarche de co-construction et selon un protocole approuvé par le ministre de la Culture et par le GEES. En voici les piliers : la distance entre les bulles, le port du masque, la séparation des flux de visiteurs, le gel pour les mains, l’enregistrement des visiteurs. Ces mesures détaillées de manière extrêmement précise dans le guide du secteur font notre force : il y a peu de lieux dans notre société où les mesures sont aussi strictes et où une visite peut se dérouler de manière aussi sûre. Nous faisons volontiers ces efforts et nous en sommes également capables en raison de l’expérience que nous avons engrangée depuis de nombreuses années.
Impliquez-nous et laissez-nous travailler
La politique menée depuis le début de la crise fait apparaître très clairement les conséquences d’un manque de consultation : des dommages inutiles infligés à un secteur déjà lourdement frappé, avec de grosses pertes financières à la clé pour les organisateurs, créateurs et collaborateurs impliqués. Les amateurs de culture sont également punis de manière injustifiée. Tout le monde ne prend pas du plaisir à fréquenter les magasins, à faire du fitness ou à regarder le foot. Une société saine a également besoin de culture.
Il faut que nous soyons tous sur le pont si nous voulons que le secteur culturel survive à cette crise. La cellule de crise qui est en train d’être fondée et qui entend réunir tous les acteurs du secteur (grands ou petits, artistes ou organisations, locaux ou nationaux, commerciaux ou subventionnés) porte un message clair : impliquez systématiquement le secteur culturel. Nous disposons d’une expertise ; il n’y a plus d’excuse pour décider sans nous. Nous savons pertinemment bien ce qui est possible, ce qui a déjà été entrepris et ce qui est nécessaire. Offrez ainsi des perspectives à un secteur pourvoyeur de nombreux emplois et revenus. Confiez en outre la réglementation à un seul organe afin qu’apparaisse clairement qui prend les décisions et avec qui il s’agit de discuter.
Et par-dessus tout : laissez-nous travailler. Les Guide du secteur et autres protocoles tels que l’Event Risk Matrix existent et ils sont reconnus par les experts comme étant « corona-compatibles ». Permettez aux gens d’accéder à nouveau à la culture : en ces temps difficiles, elle est plus indispensable que jamais.
Initiateurs (par ordre alphabétique)
Antwerps Kunstenoverleg (AKO), Artiestencoalitie, Réseau des arts à Bruxelles / Brussels Kunstenoverleg (RAB/BKO), Corona Taskforce Belgian Event Sector, Gents Kunstenoverleg (GKO), Live Sector Overleg, Overleg Kunstenorganisaties (oKo), State of the Arts, Vlaams Museumoverleg, en collaboration avec des acteurs du secteur indépendant non subventionné de la culture et de l’événementiel.
Il s’agit du début d’un processus dans lequel seront impliqués le plus d’acteurs possibles de ce vaste domaine.
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