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Bastarda : un récit

Première Soirée : « Pour Le Meilleur Et Pour Le Pire... »

Marie Mergeay
Temps de lecture
7 min.

La première partie de Bastarda se consacre à la jeune Elizabeth I, de son enfance, marquée par la mort tragique de sa mère, Anne Boleyn, à sa confrontation avec Mary Stuart, en passant par son couronnement… Découvrez le synopsis du projet basé sur les « opéras Tudor » de Donizetti et les grands moments musicaux qui vous attendent.

Prologue

Trois narrateurs – Cecil (La Raison), Smeton (L’Émotion) et Nottingham (Le Théâtre) – nous accueillent et introduisent le conte : « Il était une fois... » Il était une fois jadis. Il était une fois maintenant. Il était une fois Elizabeth I Tudor, fille d’Anne Boleyn et de Henry VIII.

Dans ce récit où tout est possible et où le temps est une notion malléable, les narrateurs et l’Enfant – la voix intérieure d’Elizabeth – traversent différentes époques. Plusieurs temporalités en viennent à se superposer : celle de la représentation et celle de la vie d’Elizabeth, depuis ses premiers jours jusqu’à sa mort.

Quand se ferment les portes de la Grande Salle, nous nous trouvons au Palais de Westminster, la résidence principale d’Elizabeth I.

ÉPISODE 1 : UNE BÂTARDE

En jouant avec ses poupées, l’Enfant Elizabeth invente une petite pièce de théâtre dans laquelle un prince quitte sa princesse pour une princesse plus belle et plus jeune. Sa mère, Anne Boleyn, la console en lui chantant une berceuse.

Les narrateurs annoncent que Henry VIII veut épouser Jane Seymour, dans l’espoir qu’elle lui donne un héritier. Il fait accuser Anne Boleyn de trahison puis ordonne qu’elle soit décapitée. Elizabeth, qui n’a pas encore trois ans, est désormais une enfant bâtarde.

S’ensuit une narration rapide des jeunes années d’Elizabeth jusqu’à ses 25 ans : elle grandit auprès de ses belles-mères ; son père meurt en 1547, son demi-frère, le roi Edward VI, en 1553 ; sa demi-sœur catholique (Bloody!) Mary Tudor, monte sur le trône et la fait enfermer à la Tour de Londres ; Elizabeth rencontre Robert Dudley, futur comte de Leicester. Il sera le grand amour de sa vie. Nous voyons Elizabeth danser avec Robert. Sa vie recluse de bâtarde semble lui convenir. Mais Mary Tudor meurt, et Elizabeth devient reine.

ÉPISODE 2 : LE COURONNEMENT

Pendant les préparatifs de son couronnement, Elizabeth se retrouve face à son enfant intérieur, qui semble terrorisé par le trône et le pouvoir. Lorsque tout est prêt, « God Save the Queen » retentit : Elizabeth I entre dans la salle et se dirige vers le trône.

ÉPISODE 3 : LA GRANDE QUESTION

La reine convoque son premier Parlement. Les Lords expriment ouvertement leurs doutes quant à la capacité d’une femme à diriger le pays. Ils pressent Elizabeth de se choisir un époux afin d’assurer sa descendance. Dans un discours passionné, la reine leur signifie sa position au sujet de toutes les affaires économiques et religieuses importantes. En matière de religion, elle veut suivre une voie modérée. Quant à la « grande question » à propos de son mariage, elle accepte une union avec le roi de France. Sa mère paraît sur scène et évoque son premier amour encore vivace.

Avant qu’un mariage soit vraiment à l’ordre du jour, Elizabeth veut entreprendre une tournée royale – une traversée de son royaume en compagnie de toute sa cour. Durant ce voyage, elle fait une halte prolongée à Kenilworth, le château de Robert Dudley. Tout lui parle d’amour et d’espoir.

ÉPISODE 4 : LA TOURNÉE ROYALE

Leicester attend l’arrivée d’Elizabeth et repense avec tendresse à leur histoire passée. Bien qu’il éprouve encore des sentiments pour elle, il est inquiet : la reine ignore qu’il a épousé Amy Robsart. Il demande à sa femme de se cacher le temps de la visite royale. Amy refuse et veut tout révéler à la reine.

Elizabeth arrive à Kenilworth, pleine d’espoir. Ses retrouvailles avec Leicester la troublent ; elle a du mal à dissimuler ses sentiments. Dans le même temps, elle entend sans cesse la voix de son père lui rappeler son devoir royal. Elle est tiraillée par des états d’âme contradictoires.

Amy va à la rencontre d’Elizabeth pour se confronter à elle. La reine comprend qu’elle a une rivale en amour et que Leicester l’a trompée. Nous voyons sa mère, Anne Boleyn, interpréter une scène similaire avec Jane Seymour, dans laquelle cette dernière avoue à Anne qu’elle est la maîtresse de Henry et qu’il a l’intention de l’épouser.

Elizabeth met Leicester à l’épreuve en lui offrant sa main et le trône d’Angleterre. Il est alors contraint de lui avouer qu’il est déjà marié. En parallèle, Henry tente de convaincre sa maîtresse que tout ira bien : il va se débarrasser d’Anne, et Jane connaîtra un avenir glorieux.
L’Enfant exhorte Elizabeth à la vengeance, mais Elizabeth choisit de pardonner à son favori et à Amy.

ÉPISODE 5 : L’« ACCIDENT »

Consterné par la scène qui vient de se dérouler, l’Enfant interrompt sans cesse Cecil et Smeton, qui évoquent les propositions de mariage faites à Elizabeth et la Question écossaise. Robert Dudley est nommé comte de Leicester et fait écuyer de la reine. Grâce à cette prestigieuse nomination à la cour, il occupe dorénavant des appartements contigus à ceux d’Elizabeth. Amy reste seule à Kenilworth. Elle meurt dans d’obscures circonstances – elle est retrouvée sans vie sous un escalier. Cecil et Smeton essaient d’en savoir davantage sur ce décès suspect et de ramener la question du mariage sur la table, mais l’Enfant ne veut pas en entendre parler et réclame une fête !

Entracte : De la musique résonne dans les couloirs du théâtre ; sur scène, on danse.

ÉPISODE 6 : LE DUEL

Les narrateurs nous accueillent à nouveau dans la salle. Pendant l’entracte, tout est resté tel quel, mais le temps ne s’est pas arrêté pour autant : Elizabeth a maintenant 31ans – elle est encore en âge de se marier, mais elle n’est plus de prime jeunesse. À la suite d’un coup d’État à Édimbourg, la reine d’Écosse Mary Stuart cherche refuge en Angleterre, où Elizabeth la fait emprisonner. Cecil presse Elizabeth de prendre enfin une décision concernant deux sujets brûlants : son mariage et la menace que représente Mary – cette dernière revendique en effet le trône d’Angleterre.

Les parents d’Elizabeth lui rappellent les options qui s’offrent à elle : la vengeance ou le pardon.

L’Enfant annonce les décisions d’Elizabeth : elle ne veut pas de roi à son côté et ne souhaite pas rencontrer sa cousine Mary. Elle pressent que Mary est une rivale non seulement sur le plan politique, mais aussi en amour. Elle fait alors convoquer Leicester dans l’espoir de sonder les sentiments de son écuyer. Cela guidera sa décision quant à l’exécution ou non de Mary Stuart. Quand Leicester avoue être épris de Mary, Elizabeth accepte toutefois de rencontrer sa cousine en secret. De son côté, Jane Seymour implore Henry d’épargner la vie d’Anne.

On trouve dans la cellule de Mary des preuves (fabriquées) de son implication dans un complot franco-espagnol contre le trône d’Angleterre. Leicester lui rend visite pour l’assurer de son soutien et l’avertir de la visite d’Elizabeth. Il l’implore de se comporter avec humilité envers Elizabeth.

On annonce la reine, l’ultime confrontation est désormais inévitable. La tension entre les deux femmes croît progressivement. Mary scelle son sort en offensant Elizabeth de façon grossière : Elizabeth est envahie par des sentiments de rage, de colère et de détresse.

Traduction : Emilie Syssau