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Nostalgia

Argument

Sébastien Herbecq & Marie Mergeay
Temps de lecture
6 min.

Quarante ans après la révolution… Que reste-t-il des idéaux d’antan ? Lisez ici le synopsis de Nostalgia, la deuxième partie de notre nouveau diptyque basé sur les œuvres de jeunesse de Verdi.

PERSONNAGES

Donatella est l’exubérante propriétaire d’une galerie d’art. Elle se targue d’avoir du flair pour les jeunes talents et aime s’entourer d’artistes prometteurs.

Carlo est un ancien ouvrier de chantier naval devenu, grâce au chef de la police, un homme d’affaires couronné de succès dans le monde de la boxe. Cependant, un événement de son passé le ronge. Toujours séduisant bourreau des cœurs, il n'est engagé dans aucune relation fixe pour le moment.

Giuseppe est un (ex-)homme politique devenu guide spirituel autoproclamé. Il profite de la vie et sait s’entourer de jeunes gens qu’il peut manipuler.

Lorenzo est un personnage un peu solitaire. Pianiste de jazz, il vit pour la musique.

Virginia est la fille de Cristina. Elle ignore l’identité de son père, sa mère étant morte sans la lui révéler. Elle étudie l’anthropologie visuelle à l’université. Au décès de sa mère, elle est entrée en possession d’une boîte de photos et films d’archives inédits contenant des entretiens de 1968. Elle décide de réaliser un documentaire sur la base de ce matériel.

Cristina faisait partie, à la fin des années 1960, d’un petit groupe d’amis qui évoluaient autour de Carlo, Giuseppe et Lorenzo. À l’époque, elle a donné naissance à une fille : Virginia. Elle est décédée il y a quelques années.

Icilio est un artiste très engagé sur le plan politique. Il est le petit ami de Virginia et un protégé de Donatella, qui veut soutenir sa carrière naissante. Il travaille à une sculpture monumentale, intitulée La barricade de 1968.

PROLOGUE - LE VERNISSAGE

Avec deux de ses protégés, Donatella prépare un double vernissage dans sa galerie : la toute première projection du documentaire de Virginia et, au même moment, le dévoilement d’une sculpture réalisée par Icilio. Celui-ci a un avis très net sur la façon dont notre mémoire modèle notre passé. À ses yeux, l’art est par définition activiste, du moins au sein d’un cadre de pensée capitaliste.

Pendant qu’elle travaillait à son documentaire, Virginia est tombée sur une piste quant à l’identité de son père biologique. Elle a invité les anciens amis de sa mère, Carlo, Lorenzo et Giuseppe, qui ne se sont pas vus depuis de nombreuses années. En les réunissant, Virginia espère pouvoir découvrir qui est son père. Donatella, bien que trouvant son idée un peu tordue, est avide d'action et de drame. De son côté, Icilio espère amener les invités à ouvrir les yeux quant à leurs illusions néo-capitalistes.

Donatella (Helena Dix)
Donatella (Helena Dix) © Simon Van Rompay

Les invités arrivent, et Donatella les accueille en portant un toast. Encouragés par l’ambiance de la soirée, Carlo, Giuseppe et Lorenzo laissent libre cours à leur propre interprétation du passé.

PREMIER ACTE – Les aveux de Carlo

Dans la galerie, Carlo, Giuseppe et Lorenzo sont arrivés. Icilio, dont on vient de dévoiler la sculpture exposée, supporte de plus en plus mal le fait de travailler pour des bourgeois acquis au système capitaliste. Il se sent prisonnier. Lorenzo s’installe au piano et se met à jouer « Viva Italia », un chant de révolte que Carlo et Giuseppe reconnaissent immédiatement.

Dans leur jeunesse, pendant les mouvements étudiants et ouvriers de la fin de années 1960, ils ont chanté cet hymne dans la rue. Leurs souvenirs refont surface. Carlo repense à Laura, une activiste particulièrement radicale avec qui a eu une liaison à l’époque. Il est alors envahi par un terrible sentiment de culpabilité, car il n’a pas pu empêcher la radicalisation de la jeune femme. En effet, le pacte qui le liait au chef de la police (et père de Laura) lui interdisait de reprendre contact avec elle. En contrepartie de cet éloignement, Carlo a obtenu une importante somme d’argent et a pu mener une brillante carrière dans le monde des affaires. Toutefois, il regrette aujourd’hui son choix. Giuseppe, qui a rejoint la police, blâme Carlo et lui reproche ses idées révolutionnaires d’antan et la destruction de sa famille. Sa sœur, Laura, est morte dans des conditions troubles dont il juge Carlo responsable : elle aurait commis un attentat-suicide dans le bureau de son père qui n’a pas non plus survécu.

DEUXIÈME ACTE – Les aveux de Giuseppe

Pour détendre l’atmosphère, Donatella entame à son tour une chanson, laquelle évoque une fille à la recherche de sa mère. Ce thème résonne immédiatement dans l’esprit de Carlo : il constate la ressemblance de Virginia avec Cristina (avec qui il a eu une aventure dans sa jeunesse) et commence à s’interroger. Virginia serait-elle sa fille ? La jeune femme fait le lien et reconnaît Carlo comme étant son père. Giuseppe, de son côté, jure de se venger de Carlo. L’ancien policier est profondément hanté par des visions de son père, qui ravivent des souvenirs douloureux de sa relation avec lui.

TROISIÈME ACTE – Carlo perdu dans ses visions

Donatella entonne une nouvelle mélodie dont le thème est cependant morbide : la galeriste évoque une tache de sang sur les mains impossible à enlever et joue une scène de folie qui rappelle celle d’un personnage shakespearien. Carlo est déstabilisé : ses pensées le ramènent toujours à Laura, qu’il n’a jamais cessé d’aimer. Il est obnubilé par la vision de son suicide, survenu lors de l’attentat terroriste qu’elle a commis quarante ans auparavant. Donatella, qui perçoit le trouble de Carlo, l’interroge sur les raisons de son égarement. Carlo, agité, croit voir le fantôme de Laura. Donatella tente d’apaiser les convives en entonnant un brindisi, mais la folie de Carlo redouble. Il est incapable de se soustraire à ses visions et demeure rongé par la culpabilité.

ÉPILOGUE – La présence de Laura

Le spectre de Laura joue du violon au milieu de la barricade, ressuscitant les différentes « mémoires » de la révolution qui entonnent un dernier chant de lutte. Carlo, Giuseppe et Lorenzo tentent de s’enfuir de la galerie. Tous se sentent responsables de la mort de Laura. Pour Carlo, Laura s’est suicidée, car il l’a rejetée. Giuseppe pense pour sa part l’avoir tuée inopinément en essayant de prévenir une action terroriste contre son père. Enfin, Lorenzo est celui qui a participé à la radicalisation de Laura en l’incitant à s’engager dans la guérilla urbaine et à commettre un attentat terroriste contre le chef de la police.