La Monnaie / De Munt LA MONNAIE / DE MUNT
© Simon Van Rompay

Idomeneo, re di Creta

Argument

Lalina Goddard
Temps de lecture
5 min.

Un roi confronté au choix déchirant d’épargner la vie de son fils ou de sauver son peuple, des amours contrariées, la colère de Neptune, un mariage royal... Découvrez l’argument complet du premier grand succès de Mozart à l’opéra.

ANTÉCÉDENTS

Crète, vers 1200 avant notre ère. Hélène, l’épouse du roi Ménélas de Sparte, est enlevée par Pâris, le fils du roi troyen Priam, ce qui déclenche la guerre de Troie. Plusieurs monarques grecs – dont Idoménée (Idomeneo), roi de Crète, et Agamemnon, frère de Ménélas – unissent alors leurs forces pour assiéger la ville de Troie. Une fois la guerre terminée et la victoire remportée, Idoménée envoie en Crète quelques prisonniers de guerre, parmi lesquels la princesse Ilia, fille de Priam. À son arrivée, la jeune femme est sauvée d’une tempête par Idamante, le fils d’Idoménée, qui exerce la régence en l’absence de son père. Électre (Elettra), la fille d’Agamemnon, se trouve elle aussi en Crète, où elle s’est réfugiée après que son frère Oreste a tué – avec sa complicité – leur mère et son amant.

PREMIER ACTE

La princesse Ilia est en proie à des sentiments contraires : la haine qu’elle voue aux Grecs barbares qui ont massacré sa famille et son peuple, et l’amour secret qu’elle éprouve pour Idamante, un homme intègre. La flotte du roi Idoménée est aperçue au loin. En l’honneur de ce retour victorieux et par affection pour Ilia, Idamante libère les prisonniers de guerre troyens. Tout le monde se réjouit, mais Électre, dévorée par la jalousie en raison de son amour pour Idamante, désapprouve cette décision. Leur parvient alors la nouvelle qu’Idoménée a péri dans une tempête en mer. Accablé par le chagrin, Idamante se précipite sur la plage. Électre, restée seule, est envahie par la colère : la mort du roi de Crète met fin à tous ses espoirs d’épouser un jour Idamante.

Pris dans la tempête, les marins grecs supplient les dieux de les épargner. Comme par miracle, Idoménée et quelques-uns de ses hommes survivent au naufrage. De retour sur la terre ferme, le roi repense à la promesse qu’il a faite au dieu de la mer, Neptune, en échange de la vie sauve : il sacrifiera la première personne qu’il rencontrera sur le rivage. Alors qu’Idamante erre avec tristesse sur la plage, il se retrouve nez à nez avec un étranger déguenillé auquel il vient en aide – c’est Idoménée. Avant même que celui-ci ne puisse ôter la vie au jeune homme, le père et le fils se reconnaissent. Horrifié, Idoménée repousse son fils qui veut l’étreindre, et s’éloigne, tout en lui interdisant de le suivre. Idamante est désespéré d’avoir été ainsi rejeté. Sur ces entrefaites, le peuple rend hommage à Neptune qui a permis à leur roi de rentrer chez lui sain et sauf.

DEUXIÈME ACTE

Idoménée se demande comment échapper au serment cruel qui l’oblige à scarifier son fils. Il décide qu’Idamante doit quitter l’île au plus vite : il raccompagnera Électre à Argos, sa ville natale, pour y bâtir une nouvelle vie loin de la colère de Neptune. Lorsqu’Ilia déclare avec tendresse à Idoménée qu’elle considère à présent la Crète comme son nouveau foyer et qu’elle voit en lui un père, le roi pressent qu’elle éprouve des sentiments pour son fils. Il prend conscience de toutes les souffrances qu’entraînera la promesse qu’il a faite au dieu, et constate à quel point la mer qui l’a épargné continue de se déchaîner dans son for intérieur. Au courant du plan d’Idoménée, Électre est la seule à se réjouir : elle entrevoit la possibilité de séduire Idamante une fois qu’il sera loin de sa rivale.

Le vaisseau qui doit emmener Idamante et Électre est prêt à prendre la mer. Le jeune homme ne sait toujours rien de la promesse qu’Idoménée a faite à Neptune et déplore la décision brutale de son père, mais il lui obéit et se prépare à partir. Une violente tempête se lève brusquement. Tandis que le tonnerre gronde et que les éclairs déchirent le ciel, un horrible monster marin surgit des flots. Le peuple apeuré comprend que quelqu’un a offense les dieux et exige d’en connaître le nom. Idoménée avoue être le coupable, et les Crétois terrorisés fuient en tous sens.

TROISIÈME ACTE

Restée seule, Ilia évoque avec tristesse son amour secret pour Idamante. Celuici vient alors lui faire ses adieux : déterminé à affronter le monstre marin, il est persuadé qu’il ne s’en sortira pas vivant. Le désespoir d’Ilia lui révèle que leurs sentiments sont réciproques, et les deux jeunes gens se déclarent amour et fidélité pour l’éternité.

Pendant ce temps, le monstre marin commet un effroyable massacre. Le grand prêtre exige qu’Idoménée dévoile le nom de la victime promise à Neptune ; c’est seulement ainsi que le sang cessera de couler. Abattu, Idoménée annonce qu’il s’agit de son fils, suscitant la consternation du peuple. Tandis que l’on prépare le sacrifice, des cris de victoire résonnent au loin : Idamante a tué le monstre marin. De retour sur la terre ferme, le jeune héros comprend finalement que son père l’évitait non par haine, mais par amour. Il décide de s’offrir lui-même en sacrifice à Neptune afin que revienne la paix. À l’instant où Idoménée s’apprête à immoler son fils, Ilia s’interpose et exige de prendre la place de son bien-aimé. Une voix souterraine s’élève alors du temple : si Idoménée cède le trône à Idamante et Ilia, les dieux seront satisfaits. Tandis qu’Idoménée bénit l’union du nouveau couple royal, tout le monde se réjouit, à l’exception d’Électre.

Traduction : Brigitte Brisbois